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Hypothyroïdie : symptômes, TSH et traitement

Fatigue qui ne cède pas au repos, frilosité, peau sèche, constipation, prise de poids modérée : l'hypothyroïdie s'installe lentement et se confond avec beaucoup d'autres choses. Cette page explique ce que mesure la TSH, comment le diagnostic se pose, comment le traitement se surveille et quels signes imposent un avis rapide.

Quels symptômes doivent faire penser à une hypothyroïdie ?

Les hormones thyroïdiennes règlent la vitesse de fonctionnement de l'organisme. Quand elles manquent, tout ralentit, et les symptômes sont nombreux mais peu spécifiques : fatigue persistante, sensation de froid inhabituelle, peau sèche, cheveux cassants, constipation, prise de poids modérée, crampes, ralentissement du pouls.

S'y ajoutent souvent des signes qui font consulter pour tout autre chose : troubles de la concentration et de la mémoire, humeur triste, voix plus rauque, gonflement du visage et des paupières le matin, règles plus abondantes ou irrégulières, difficultés à concevoir. Chez la personne âgée, le tableau se limite parfois à une fatigue et à un ralentissement mis sur le compte de l'âge.

Aucun de ces signes ne suffit à poser le diagnostic, et c'est un point important : chacun d'eux a de nombreuses autres causes, de l'anémie à la dépression en passant par une carence en fer ou un manque de sommeil. Seule une prise de sang tranche, ce qui évite à la fois de passer à côté et de traiter une thyroïde normale.

Que mesure la TSH exactement ?

La TSH est l'hormone par laquelle l'hypophyse commande la thyroïde. Quand la thyroïde produit trop peu d'hormones, l'hypophyse augmente sa commande : la TSH monte. C'est donc un indicateur très sensible, et le premier examen demandé devant une suspicion d'hypothyroïdie.

Si la TSH est élevée, le dosage de la thyroxine libre, la T4 libre, précise la situation. Une TSH élevée avec une T4 libre basse correspond à une hypothyroïdie avérée. Une TSH élevée avec une T4 libre normale définit l'hypothyroïdie fruste, ou infraclinique, dont le traitement ne s'impose pas systématiquement et se discute selon l'âge, les symptômes, un désir de grossesse et le niveau de la TSH.

Un seul résultat anormal ne suffit pas toujours : la TSH varie dans la journée, au décours d'une maladie aiguë et sous certains médicaments. Un contrôle à distance est souvent nécessaire avant toute décision. La recherche d'anticorps anti-thyroperoxydase, quand elle est demandée, oriente vers une origine auto-immune, cause la plus fréquente de l'hypothyroïdie de l'adulte.

Quelles sont les causes principales ?

La cause de loin la plus fréquente en France est une inflammation auto-immune de la thyroïde, la thyroïdite de Hashimoto : le système immunitaire s'attaque progressivement à la glande, qui finit par ne plus produire assez d'hormones. Elle touche surtout les femmes et peut rester longtemps silencieuse.

Viennent ensuite les causes liées aux traitements : chirurgie de la thyroïde, traitement par iode radioactif, radiothérapie du cou, et certains médicaments. Une thyroïdite du post-partum peut survenir dans l'année qui suit un accouchement, avec parfois une phase d'hyperfonctionnement avant l'hypothyroïdie. Enfin, plus rarement, l'atteinte se situe au niveau de l'hypophyse et non de la thyroïde.

Quelques situations méritent une vigilance particulière : antécédents familiaux de maladie thyroïdienne, autre maladie auto-immune, trisomie 21, grossesse ou projet de grossesse. Chez la femme enceinte, les besoins en hormones thyroïdiennes augmentent dès le début de la grossesse et la surveillance devient plus rapprochée, car un déficit non traité a des conséquences sur le déroulement de la grossesse.

Comment se traite l'hypothyroïdie ?

Le traitement consiste à remplacer l'hormone manquante par de la lévothyroxine, prise chaque jour par la bouche, sur ordonnance. La dose est individuelle et se règle progressivement, en fonction de la TSH, de l'âge et du cœur : chez une personne âgée ou coronarienne, l'augmentation est prudente.

La façon de prendre le comprimé compte autant que la dose. Il se prend à jeun, à distance du petit-déjeuner, toujours au même moment de la journée. Plusieurs produits diminuent son absorption s'ils sont pris en même temps : fer, calcium, magnésium, certains pansements gastriques, café pris immédiatement après. Un intervalle de quelques heures suffit à régler le problème.

Le contrôle de la TSH est réalisé environ six à huit semaines après le début du traitement ou après chaque changement de dose, le temps que l'équilibre s'établisse, puis à intervalle plus long une fois la dose stable. La substitution est en général définitive. Un changement de spécialité ou de forme doit être signalé au médecin, car il peut modifier l'équilibre et justifier un contrôle.

Que faire en cas de fatigue persistante sous traitement ?

Une TSH revenue dans la cible alors que la fatigue persiste est une situation fréquente et déroutante. Elle ne signifie pas que le traitement est inutile, mais que la fatigue n'a pas, ou pas seulement, une origine thyroïdienne.

Avant de modifier la dose, le médecin vérifie d'abord la régularité et les conditions de prise du comprimé, puis recherche d'autres causes : anémie, carence en fer ou en vitamine B12, apnées du sommeil, dépression, diabète, maladie cœliaque associée, effets d'autres traitements. Augmenter la dose pour faire baisser une TSH déjà normale expose à un excès d'hormones, avec palpitations, troubles du rythme, nervosité, insomnie et, à long terme, perte osseuse.

À l'inverse, des signes de surdosage doivent être signalés rapidement : cœur qui s'emballe, tremblements, sueurs, amaigrissement, sensation de chaleur permanente, irritabilité. Le bon réflexe est un contrôle de la TSH et un avis médical, jamais un ajustement de dose décidé seul.

Quand consulter sans attendre ?

L'hypothyroïdie évolue lentement, mais quelques situations imposent un avis rapide, voire un appel au 15.

Appelez le 15 devant une somnolence profonde, une confusion, une température corporelle anormalement basse, un ralentissement extrême du pouls ou une difficulté à respirer chez une personne connue pour une hypothyroïdie non traitée ou dont le traitement a été interrompu : cette décompensation est rare mais grave. Une douleur thoracique ou des palpitations survenant après le début ou l'augmentation du traitement imposent également un avis immédiat.

Consultez rapidement, sans caractère d'urgence vitale, devant : une grosseur du cou qui apparaît ou grossit, une gêne pour avaler ou pour respirer, une modification de la voix, un cou douloureux et fébrile. Il en va de même en cas de grossesse ou de projet de grossesse chez une femme traitée, d'interruption du traitement pendant plusieurs jours, ou d'apparition de signes évocateurs d'un excès d'hormones.

Une TSH légèrement élevée doit-elle toujours être traitée ?

Non. Lorsque la T4 libre est normale, on parle d'hypothyroïdie fruste, et la décision dépend du niveau de la TSH, de l'âge, des symptômes, de la présence d'anticorps et d'un éventuel projet de grossesse. Un contrôle à distance est souvent demandé avant de décider, car une TSH isolée peut se normaliser spontanément.

Le traitement est-il à vie ?

Dans la majorité des cas, oui, parce que la thyroïde ne récupère pas sa capacité de production. Il existe des exceptions, notamment certaines thyroïdites transitoires, en particulier après un accouchement, où le traitement peut être réévalué et parfois arrêté sous surveillance médicale. Cette décision revient toujours au médecin.

Peut-on prendre le comprimé avec le petit-déjeuner ?

Il vaut mieux le prendre à jeun, à distance du repas, et toujours dans les mêmes conditions, car l'absorption varie avec les aliments et certains produits. Le café, le fer, le calcium et certains pansements gastriques pris en même temps diminuent l'efficacité. Le point clé est la régularité : mêmes conditions chaque jour.

L'hypothyroïdie fait-elle grossir beaucoup ?

La prise de poids attribuable à l'hypothyroïdie est en général modérée et tient en partie à une rétention d'eau. Le traitement corrige rarement à lui seul un excès de poids important, et une perte de poids marquée après équilibration doit faire chercher une autre explication plutôt qu'attribuer tout le poids à la thyroïde.

Faut-il prendre de l'iode en complément ?

Non, pas sans avis médical. En France, la carence en iode n'est pas la cause habituelle de l'hypothyroïdie, et un apport supplémentaire peut aggraver certaines maladies thyroïdiennes. Les compléments alimentaires contenant de l'iode ou des extraits thyroïdiens doivent être signalés au médecin, car ils faussent l'équilibre et les dosages.