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Reflux gastro-œsophagien : symptômes et traitement

Brûlure qui remonte derrière le sternum après les repas, goût acide dans la bouche, gêne en position allongée : le reflux gastro-œsophagien est fréquent et souvent bénin. Cette page explique ce qui le provoque, ce qui le soulage durablement, quand une endoscopie devient nécessaire et quels signes ne doivent jamais être attribués au reflux.

Qu'est-ce que le reflux gastro-œsophagien ?

Il s'agit de la remontée d'une partie du contenu de l'estomac vers l'œsophage. Le sphincter situé à la jonction entre les deux se relâche trop souvent ou ne ferme plus correctement, et le liquide acide entre en contact avec une muqueuse qui n'est pas faite pour le supporter.

Deux symptômes sont typiques : le pyrosis, brûlure qui part du creux de l'estomac et remonte derrière le sternum, et les régurgitations acides ou amères jusque dans la gorge. Ils apparaissent volontiers après un repas copieux, en se penchant en avant ou en position allongée, ce qui explique la gêne nocturne.

Le reflux peut aussi se manifester par des signes moins évidents : toux sèche chronique, enrouement le matin, sensation de boule dans la gorge, mauvaise haleine, douleurs dentaires liées à l'érosion de l'émail, parfois crises d'asthme. Ces formes-là sont plus difficiles à rattacher au reflux et méritent un avis médical, car elles ont d'autres causes possibles.

Qu'est-ce qui favorise le reflux ?

Trois grandes catégories de facteurs se combinent : ce qui augmente la pression dans l'abdomen, ce qui relâche le sphincter et ce qui augmente l'acidité ou retarde la vidange de l'estomac.

Dans la première catégorie figurent le surpoids abdominal, la grossesse, les vêtements serrés à la taille, les repas très volumineux et l'effort juste après le repas. Dans la deuxième, on trouve le tabac, l'alcool, le chocolat, la menthe, les boissons gazeuses et certains médicaments. Dans la troisième, les repas gras, les plats épicés, les agrumes, le café et les tomates chez les personnes sensibles.

Une hernie hiatale, c'est-à-dire le passage d'une partie de l'estomac à travers le diaphragme, est fréquente et favorise le reflux, sans que sa présence n'impose à elle seule un traitement. Enfin, plusieurs traitements courants aggravent le reflux ou irritent l'œsophage : il vaut mieux en discuter avec le médecin ou le pharmacien plutôt que de les arrêter de sa propre initiative.

Quelles mesures soulagent vraiment ?

Les mesures de mode de vie ne sont pas des conseils de politesse : chez beaucoup de personnes, elles suffisent à espacer nettement les épisodes.

Les plus efficaces sont la perte de poids en cas de surcharge abdominale, l'arrêt du tabac, un dîner plus léger pris au moins deux à trois heures avant le coucher, et la surélévation de la tête du lit de quelques centimètres, en calant les pieds du lit plutôt qu'en ajoutant des oreillers, qui plient l'abdomen. Fractionner les repas et mâcher lentement aident également.

Chacun identifie ensuite ses propres déclencheurs, qui varient beaucoup d'une personne à l'autre : alcool, café, plats gras, agrumes, boissons gazeuses. Un carnet tenu deux semaines est plus utile qu'un régime d'éviction général, qui appauvrit l'alimentation sans bénéfice démontré. Éviter de s'allonger ou de faire du sport immédiatement après le repas et desserrer la ceinture complètent utilement le tableau.

Quels traitements et pour combien de temps ?

Trois familles sont utilisées. Les antiacides et les alginates agissent en quelques minutes et se prennent à la demande, après les repas ou au moment des symptômes ; plusieurs sont disponibles en pharmacie sans ordonnance. Les inhibiteurs de la pompe à protons réduisent la sécrétion acide et sont le traitement de référence des formes fréquentes ou œsophagitiques ; certains dosages existent sans ordonnance pour des cures courtes, les autres relèvent d'une ordonnance.

Ces médicaments se prennent en général le matin, avant le repas, et leur effet complet demande quelques jours. Le principe est d'utiliser la dose la plus faible efficace, sur la durée la plus courte possible, puis de réévaluer. Un traitement continu prolongé se discute avec un médecin et n'est pas anodin.

Un symptôme qui persiste malgré quatre semaines de traitement bien conduit ne se traite pas en doublant la dose : il se réévalue. C'est la situation qui conduit le plus souvent à demander une endoscopie et à envisager d'autres causes que le reflux.

Quand une endoscopie est-elle nécessaire ?

Chez une personne jeune, avec un pyrosis typique et sans signe d'alarme, il est habituel de commencer par un traitement d'épreuve sans examen. L'endoscopie devient nécessaire dans plusieurs situations bien définies.

Elle est demandée en présence de signes d'alarme : difficulté à avaler ou sensation d'aliment qui bloque, douleur à la déglutition, amaigrissement non voulu, vomissements répétés, anémie, sang dans les vomissements ou selles noires. Elle l'est également en cas de symptômes apparus après cinquante ans, de résistance au traitement, de rechute rapide à l'arrêt, ou lorsqu'un traitement continu prolongé est envisagé.

L'examen recherche une œsophagite, une hernie hiatale, un rétrécissement, et permet des biopsies. Le reflux ancien peut modifier la muqueuse du bas de l'œsophage, ce qui justifie une surveillance décidée par le gastro-entérologue. Une pH-métrie est réservée aux cas atypiques ou avant chirurgie. La chirurgie du reflux existe et s'adresse à des situations sélectionnées, après bilan complet.

Quels signes ne sont jamais un simple reflux ?

Une douleur derrière le sternum peut venir du cœur, et la confusion entre les deux est classique. C'est la situation d'urgence la plus importante à connaître.

Appelez immédiatement le 15 devant une douleur ou une oppression au milieu de la poitrine, surtout si elle dure plus de quelques minutes, survient à l'effort, irradie vers le bras gauche, la mâchoire ou le dos, ou s'accompagne de sueurs, de nausées, d'essoufflement, de malaise ou de pâleur. Cela vaut d'autant plus en cas de diabète, d'hypertension, de tabagisme, d'antécédents cardiaques ou familiaux. Un antiacide qui soulage ne prouve rien : il ne permet jamais d'écarter une origine cardiaque.

Consultez également sans délai en cas de vomissements de sang, de selles noires et malodorantes, d'aliment qui reste bloqué, d'impossibilité d'avaler, d'amaigrissement rapide, de vomissements persistants ou de douleur abdominale intense. Chez le nourrisson, un reflux avec mauvaise prise de poids, refus alimentaire ou malaise justifie un avis rapide.

Le reflux peut-il provoquer une toux chronique ?

Oui. Une toux sèche persistante, un enrouement matinal ou une sensation de boule dans la gorge peuvent être liés au reflux, en particulier si les symptômes prédominent la nuit. Ces manifestations ont toutefois d'autres causes fréquentes, respiratoires ou médicamenteuses, et méritent un avis médical avant d'être attribuées au seul reflux.

Peut-on prendre un antiacide tous les jours ?

Un besoin quotidien pendant plusieurs semaines n'est pas une solution : c'est le signe qu'une évaluation est nécessaire. Ces médicaments soulagent l'épisode mais ne traitent pas la cause, et une prise prolongée peut masquer une pathologie qui mérite d'être identifiée. Un traitement de fond éventuel se décide avec un médecin.

Faut-il supprimer le café et les épices ?

Seulement s'ils déclenchent réellement vos symptômes. Les listes d'aliments interdits circulent beaucoup, mais la sensibilité est individuelle. Un carnet alimentaire tenu deux semaines identifie mieux vos déclencheurs qu'un régime d'éviction large, qui appauvrit l'alimentation sans bénéfice démontré chez tout le monde.

Le reflux est-il dangereux à long terme ?

Dans la grande majorité des cas, il reste gênant sans être grave. Un reflux ancien, intense et non traité peut cependant abîmer la muqueuse de l'œsophage et, plus rarement, la modifier durablement. C'est pour cette raison qu'un reflux ancien, résistant au traitement ou apparu après cinquante ans conduit à proposer une endoscopie.